« Avons-nous encore le droit de nous ouvrir aux autres? » Marylin raconte son histoire de combattante pour le droit d’aimer

Je m’appelle Marylin. J’ai rencontré mon mari vers 2008. Pendant 7 ans nous avons appris à nous connaître et dialoguer tout les jours, jamais mon époux a eu des conversations visant à venir en Europe ou de visa ni de pression de sa part, et ni demande d’argent (très important pour moi, à souligner). Nous nous sommes très vite entendu sur tous les points, avec de bons échanges avec sa famille, notre relation était sincère. En 2015 je suis partie en Algérie 🇩🇿 le rencontrer: j’ai immédiatement été accueillie par sa famille, adorable, j’ai visité plein de monuments, j’ai été présentée à la famille, amis, collègues de mon mari, je suis jamais mise à l’écart. Je suis redescendue quelques mois après, nous avons fait la demande de nous marier. Je me suis mariée, tout s’est très bien passé. Une fois revenue en Belgique, quelque semaine après, l’office des étrangers me téléphone en me donnant un rendez-vous urgent pour quelques questions. Je me suis présentée et là une dame très froide commence à me poser des questions et à me faire pression avec sa collègue, en me disant que il n’était pas sûre qu’ils accepteraient mon mariage, et de plus comme je venais d ‘apprendre que j’était enceinte, on m’a fait des remarques disant en gros que je n’avais qu’à tirer mon plan. On m’a questionné sur ce que allait faire mon mari sur le territoire ci ça serait accepté. Une semaine après, enquête de police: je suis restée 1h et demi à peu près, avec des questions …😤surtout une qui m’a choquée: le prix de l’alliance 😡! Vous me voyez demander à mon époux le prix d’achat de l’alliance? Honteux! Et pourquoi mes parents n’on pas assisté au mariage? Mes parents on peur de l’avion et du bateau, il n’a suffit que de ça pour me suspecter de mariage gris. Du coup ça a été une procédure longue car j’ai du faire appel à un avocat. J’ai constitué un dossier avec des preuves: photos avec la famille, mes billets d’avions, visas – car pendant ma procédure j’ai fait beaucoup de voyages jusqu’à Alger pour montrer mon fils à la famille et son papa. Nous avons toujours été en contact tous les jours. J’ai reçu mon appel pour aller en justice, et là encore la procureur a essayé de me mettre la pression. Toujours suspicion, malgré les preuves de mon dossier. À aucun moment je n’ai baissé les bras, ni j’ai peur d’eux ,car j ‘estime être assez mâture pour savoir ce que je fais. Le juge a été de mon côté, et ce qu’il a bien plu c ‘est que – malgré les problèmes que j’ai rencontrés – le juge a bien mentionné que notre couple était bien fondé et non en vue de un titre de séjour. Mon mariage à été seulement reconnu en 2018. Entretemps j’ai dû attendre que on m’envoie la preuve du tribunal pour changer le nom de mon fils (il portait mon nom tant que le mariage en Belgique n’était pas reconnu). En plus en tant que convertie bien avant de rencontrer mon époux, là aussi j’ai eu des remarques me demandant si c’était un mariage forcé, et pourquoi j’ai voyagé au Maroc en 2007! J’ai toujours aimé voyager et m’ouvrir à d ‘autres cultures, est-ce un crime !!! Avons-nous nous encore le droit de voyager, de choisir la personne que on aime, de s’ouvrir aux autres? Je n’ai jamais ressenti du dégoût de leur part, ils mélangent tout: tout est bon pour eux pour papier, escroquerie 😡😡 alors qu’il y a de vrais couples qui s’aiment. Ce qu’ils en pensent, je m’en contrefiche éperdument: depuis 3 ans je n’ai pas vu mon époux à cause du covid, frontières fermées. J’ai hâte enfin que mon mari arrive et soyons enfin 3 et vivre notre petite famille. Mon fils surtout veut son papa près de lui pour partager une relation père et fils. Nous avons perdu beaucoup de temps que on va rattraper.
Merci de m’avoir lu et courage à tous les mariages étrangers. C’est un parcours de David et Goliath c ‘est triste d’en arriver là..