Mari & vous : la belle aventure

Vous avez décidez de vous marier? Bravo. Le mariage entre étrangers est par nature suspicieux, et pour cause, certains, en voulant  surfer sur la vague des lois belges se sont brûlé les ailes. Bien entendu, vous avez du caractère, de  la volonté à atteindre vos objectifs, vous vous aimez « sincèrement », vous n’avez rien à voir avec  ce genre d’individus. 

Les yeux scintillants d’étoiles vous vous rendez au guichet de votre commune afin ouvrir  un dossier mariage. Vous en êtes certains, vous avez tout prévu, rassemblé un maximum de  documents, gonflé vos cerveaux d’adrénaline positive. Le sourire s’affiche sur vos mines  enthousiastes. À ce moment-là, vous n’aviez pas prévu la perfidie des juristes des services  mariages de votre si belle et accueillante commune. 

Aussi, la première contradiction que vous entendez c’est : « on ne peut pas vous empêcher de  vous marier ». Ben voyons ! Vos nerfs sont à vis et ils ne cesseront de l’être tout au long de ce  parcours du combattant. Vous devrez vous armer de patience et profiter des difficultés pour  consolider votre couple. Vous êtes seuls à bord de votre navire « mariage » et c’est à vous que  revient le gouvernail pour le mener à bon port.  

Sachez que pour les ressortissants européens, tous les documents que vous fournirez seront systématiquement valables dans toutes les communes de Belgique. Il est inutile (si  l’employée vous dit de les faire valider auprès du SPF Affaires Etrangères de Bruxelles) que vous  le fassiez. Pour les asiatiques ou autres origines, Ambassades et Consulats entreront dans la  danse. En effet, vous êtes né(es) dans vos pays respectifs. Si par malheur vous avez déjà été  marié par le passé, il faudra prouver que vous êtes célibataire depuis votre divorce et que  jamais vous n’avez contracté un autre mariage aux Antilles, Seychelles, Panama… Dans le  cas contraire il sera immédiatement refusé par l’officier de l’état civil.  

Chaque attestation, certificat, document que vous demandez à votre Ambassade ou  Consulat, est payant. Si vous envisagez de faire intervenir un avocat, parce que vous êtes  convaincu qu’il mettra un coup d’accélérateur à la machine, vous vous mettez le doigt dans l’œil. La seule chose qui intéresse ces adeptes de la profession, c’est votre argent. Ils se rangent  toujours du côté de la loi, et, quand bien même, ils trouvent une faille, la joie sera de courte  durée, car vous devrez mettre la main au portefeuille. Cela n’évitera pas le service du  contentieux de vous adresser une requête vous invitant à quitter le territoire séance tenante.  N’ayez crainte, vous n’êtes pas des criminels, mais deux êtres qui s’aiment et entendent le faire  savoir à ces bureaucrates aveugles de votre union sincère.  

Ainsi, les semaines se ressemblent, les mois se succèdent, la patience vous lâche, la remise  en question vous assaille, le doute s’installe, les reproches sont quotidiens. Ensuite, après ce bras  de fer interminable, vous avez fournis tous les documents nécessaires à clôturer votre dossier.  Ouf ! Vous commencez à entrevoir la fin du tunnel. L’agent de quartier a constaté que vous  vivez en couple, puisque vous vous êtes installé(e) avec armes et bagages chez l’élu de votre  cœur. Vous êtes sur la bonne voie. COURAGE ! Vos perspectives d’avenir s’annoncent sous un  ciel radieux. C’est à ce moment-là qu’arrive le courrier (tant attendu) annonçant la date de mariage et vous envisagez désormais les préparatifs de la cérémonie. Félicitation ! Vous êtes  arrivés au port qui vous paraissait hostile depuis de nombreux mois. Prochaine étape,  regroupement familial, carte de séjour provisoire, et tutti quanti. Une autre bataille se profile à  l’horizon.