Quand l’état belge et le Covid-19 se allient pour rendre la vie des couples impossible

Nous nous sommes rencontrés en Belgique, elle en Erasmus et moi vivant en Belgique. Au moment de son retour dans son pays, nous décidons de laisser une chance a cet amour naissant. Je lui rends visite régulièrement même si je travail et qu’il m’est difficile de trouver le temps. Son pays étant hors de l’espace Schengen, pour elle c’est beaucoup plus difficile de venir me voir, elle viendra cependant une fois visiter ma famille pour mon anniversaire. Dans un premier temps nous cherchons des informations pour vivre ensemble, il est possible d’avoir des titres de séjour pour le travail et les études, elle tient a essayer car elle n’a pas envie d ‘être vue comme quelqu’un qui cherche juste un passeport européen. Mais tout s’avère compliqué. En réalité il faut presque être engagé pour qu’un étranger puisse travailler en Belgique. La solution la plus simple pour perdre le moins de temps possible semble être le mariage. Avant cela au yeux de l’état notre relation n’existera pas , zéro , rien. Après un certain temps, je finis par la convaincre, et décide donc de demander des informations complémentaires à la commune. La commune me donne les informations mais pas seulement, elle fait aussi comme si les démarches étaient déjà engagées. J’apprendrai par « Amoureux, vos papiers » que c’est une façon de faire classique dans les communes, moi je trouve cela délirant. Bref nous voilà, à devoir regrouper tous les papiers nécessaires pour obtenir l’autorisation de nous marier, ce qui prendra déjà un certain temps, avec une difficulté particulière à trouver ce que les communes appellent « attestation de nationalité » (pour elle), mais aussi bien ici que là-bas personne ne savait comment obtenir ce document. Finalement on découvrira que seul l’ambassade du pays en Belgique peut délivrer ce papier. C’est donc à moi d’aller chercher ce document la concernant, elle vivant dans son pays. Finalement tous les papiers sont bons, la seconde étape est un « simple » rendez -vous avec l’échevin. Au final, c’était un interrogatoire comme pour tout le monde quand on veut vivre avec un ou une étranger/ère. « Vous savez ce que c’est un mariage blanc ? Et un mariage gris ? Vos parents sont d ‘accord? (J’ai 30 ans !) , vous avez des doutes sur votre relation? etc. » Il veulent entendre mes parents pour prendre une décision … ?! Finalement on me remercie et me dit d’attendre la réponse. Trois mois d’attente plus tard la réponse est oui. C’est le moment de faire la demande de visa C (en vue de se marier), on doit donc a nouveau récolter des papiers. Au départ je n’avais qu’un mi-temps; on se serait arrêté là si je n’avais pas eu l’opportunité d’avoir un deuxième mi-temps (oui, il faut 1500 euro pour avoir le droit d’être en couple avec qui on veut dans ce pays ). Même si en réalité je ne désirais pas celui-ci, ça voulait dire se voir moins encore. Bref elle rentre sa demande visa, nous attendons 3 mois encore (sans nouvelles, sans savoir si ça sera accepté ou refusé  – ça fait long), la date de mariage est dépassée, il faut réintroduire une date de mariage. Finalement elle récupère son visa. Le coronavirus arrive, elle est rejetée a l’aéroport, en larme. Moi impuissant. Quelques jours plus tard, elle annonce qu’elle me quitte, elle n’y croit plus. Aujourd’hui elle me contacte : un de nos chats est mort. Et moi même j ‘ai l’impression de l’être. Le temps, l’absence et la solitude tuent.